Jeudi 11 janvier 2007
Une mobilisation exemplaire pour les services publics

A coups de manifestations, d’opérations villes mortes, de pétitions et de votations citoyennes, un grand nombre de départements français sont désormais concernés par des mobilisations qui voient converger élus, usagers et personnels pour défendre l’identité républicaine de notre pays à travers ses services publics : postes et perceptions, desserte ferroviaire et routière, couverture médicale et offre de formation.Voici des extraits de témoignages de militants et élus, membres de PRS ou non, qui portent le Collectif Aveyronnais de Défense et Développement des Services Publics. Nous organisons le samedi 13 janvier à Firmi, une journée de mobilisation lors de laquelle les citoyens sont appelés à voter toute la journée pour ou contre la liquidation de La Poste dans leur commune. A 17 heures, le dépouillement sera opéré pour proclamation des résultats dans le cadre d'un meeting qui, autour du Maire de Firmi, Roger Lajoie-Mazenc, et du président du Collectif, Pierre Pantanella, rassemblera notamment Jean-Luc Mélenchon et José Bové, ainsi que des représentants du PCF, du MRC et du PRG.


Samedi 13 janvier à Firmi dans l'Aveyron, grande journée de défense des services publics

1) Comment le Collectif Aveyronnais de Défense et Développement des Services Publics s'est-il créé ?

Alain Renaut (secrétaire du collectif CADDSP)

Notre action s'inscrit dans le mouvement initié par l'appel national lancé de Guéret ( 13 novembre 2004) dont est issue la fédération mise en place les 25 et 26 juin 2005, également à Guéret puis le 17 septembre 2005 à Angoulème.

Deux manifestations, remarquées, le 5 mars 2005 à Guéret et le 19 novembre 2005 à Paris ont lancé la dynamique sociale visant à placer l'avenir des services publics au cœur des luttes pour une société d'égalité et de solidarité.

Ces valeurs de la République Française, issues de combats menés pour la justice sociale, pour le libre et plein exercice des droits fondamentaux, pour la défense de la démocratie, pour préserver et développer le bien commun, renvoient à la nécessité de promouvoir les services publics, de les reconquérir, de les étendre, de les démocratiser.

L'assemblée plénière des 28 et 29 janvier réunie à Lorient a décidé de donner une structure associative (type 1901) au mouvement ; la Fédération s'appelle désormais « Convergence Nationale des Collectifs de Défense et de Développement des Services Publics »

Notre camarade Jacques Sérieys a participé à ces manifestations et assemblées ; conscient de la situation alarmante des services publics en Aveyron, il a multiplié les contacts pour créer un collectif départemental, pour fédérer l'engagement citoyen et la dynamique unitaire. La démarche n'a pas été fructueuse et c'est donc au sein même de l'association PRS que d'autres camarades avons pris le relais.

C'est dans la mobilisation générale contre le CPE que les premiers contacts sont noués. Rapidement l'ambiance aidant, une assemblée générale constitutive est réunie le 13 avril 2006 ; un bureau est constitué, le collectif est en ordre de marche pour affronter les assauts du libéralisme contre nos services publics. Depuis, notre expérience confirme l'adage selon lequel c'est par la lutte que l'on construit un rapport de force et une structure de lutte. C'est au travers des initiatives prises que s'est constitué un front unitaire autour du collectif. Il est vrai que nous avions pour repères les valeurs de la République Française, issues de combats menés pour la justice sociale, pour le libre et plein exercice des droits fondamentaux, pour la défense de la démocratie, pour préserver et développer le bien commun. Ces objectifs renvoient à la nécessité de promouvoir les services publics, de les reconquérir, de les étendre, de les démocratiser.

2) A ce moment-là, Pourquoi et comment le Conseil municipal de Firmi a-t-il saisi le Collectif ?

Roger Lajoie Mazenc (maire de Firmi, vice président de la communauté de communes du Bassin de Decazeville, vice-président du collectif CADDSP)

Nous étions encore sous le coup de la menace de fermeture de la maternité voisine, celle de Decazeville, sauvée grâce à la mobilisation de tout le bassin de vie dans le cadre du « Tous ensemble » ; nous venions de voir trois gendarmeries fermées, dont celle de Firmi, sur le même territoire ; nous savions que la subdivision DDE allait être délocalisée de Decazeville à Villefranche ; nous connaissions les menaces pesant sur la plupart des services administratifs, quand on nous a fait le coup de la Poste. A savoir : suppression du chef d'établissement, un conseiller financier présent à temps partiel, modification à la baisse de l'amplitude horaire. Trop c'est trop, avons-nous pensé. D'autant que les décisions nous tombaient sur la tête sans qu'aucune concertation ait été menée. Tout au plus étions-nous convoqués pour nous faire part des décisions. Comme Firmi n'était pas la seule commune dans ce cas-là, le mécontentement croissant conduisit, en mars 2006, à la création d'un collectif départemental. J'ai adhéré. D'entrée, mon Conseil municipal acceptait de lui confier le mandat de nous défendre.

Comment s'est engagée l'action ?

L'idée a été lancée d'un référendum d'initiative populaire. Pour le demander, il nous fallait disposer de la signature d'un cinquième des électeurs de la commune. Nous avons monté une pétition qui, en une matinée de marché, a recueilli 717 signatures, soit près du double de ce qui nous était réglementairement demandé. Les listes ont été déposées entre les mains du Maire qui a saisi la préfète. Nous avons du attendre deux mois pour apprendre que ce type de référendum ne serait pas légal au motif que l'organisation de la Poste n'est pas de la compétence du Maire, lequel risquait de se voir traduit devant le Tribunal administratif s'il persévérait.

Vous n'en êtes tout de même pas resté là ?

En effet, le Collectif s'est totalement emparé de l'affaire en décidant d'organiser, non pas un référendum, mais une expression citoyenne locale . Nous y voilà. Ce samedi 13 janvier, la population est appelée à s'exprimer sur son ressenti du fonctionnement de la Poste. Celle-ci est, en fait, prise comme illustration pour dénoncer la menace qui pèse sur tous les services publics. Le meeting qui suivra nous permettra de dénoncer la violation de « la charte sur l'organisation et l'offre des services public et au public en milieu rural » : il n'y a pas eu de concertation et la réorganisation n'a pas conduit à une amélioration. C'est donc au nom de la République que nous défendons le service public

3) Cette lutte sur la Poste est-elle isolée d'une défense des autres services publics sur le Bassin de Decazeville ?

Claude Catalan ( président de communauté de communes)

Non, nous avons déjà l'expérience ici de plusieurs luttes sur les services publics et d'un collectif local : le Tous Ensemble. Il s'est créé en 1998 autour d'une lutte en défense de la maternité et plus globalement l'hôpital public de Decazeville. Grâce à une forte mobilisation et en particulier une manifestation de plus de 8000 personnes, nous avons obligé le gouvernement à négocier et la maternité n'a pas été fermée.


Dans un territoire en reconversion industrielle comme le nôtre, il a fallu défendre pied à pied les services publics. La gare de Cransac devait être supprimée alors que cette commune connaît un fort développement touristique lié au thermalisme; nous avons occupé la gare plusieurs jours avec une sorte de fête en point d'orgue; nous avons gagné.

Le Tous Ensemble réunit des élus, des organisations syndicales, des associations (par exemple les commerçants), des représentants divers de la société civile.


Comme le Collectif Aveyronnais de Défense et Développement des Services Publics, nous sommes partis d'une position défensive sur un objectif à chaque fois très précis permettant de mener une lutte comprise et massive avant de déboucher sur des propositions de développement qui ont été prises en compte avant 2002 par un Comité Interministériel d'Aménagement Du Territoire (CIADT).


4) Et dans l'Education Nationale ?

Jean Pierre Rivière

1998, c'est l'année d'une relance des Zones d'Education Prioritaire (ZEP) par Ségolène Royal alors Ministre Déléguée à l'Enseignement Primaire dans le gouvernement de Lionel Jospin.

A cette date, dans le bassin de Decazeville Aubin, les résultats scolaires des élèves aux évaluations nationales de CE2 et 6 ième ne sont pas bons, le nombre de demande de bourse augmente d'année en année, plusieurs indicateurs économiques et sociaux (CAF, Conseil Général, CCAS) mettent en évidence les difficultés croissantes rencontrées par les familles :

Taux de chômage largement supérieur au reste du département, nombre important de familles mono parentales (environ 25%).

Pour toutes ces raisons et sous l'action d'un collectif d'élus , de parents d'élèves, d'enseignants et d'acteurs associatifs, le bassin obtient son classement en Z.E.P. à la rentrée 1999.

Ce dispositif permet dans le cadre de l'Education Nationale :

*

un taux d'encadrement des élèves supérieur au reste du département
*

des postes spécifiques : coordonnateur, animateur/soutien
*

des suppléments budgétaires pour des actions ciblées (Maîtrise de la Langue, Classes Lecture, collège ouvert …)

Les dernières évaluations scolaires montrent des résultats non seulement qui cessent de se dégrader, mais qui remontent sensiblement : le dispositif est efficace grâce à l'action conjuguée de tous les partenaires défenseurs d'un service public de qualité.

Prochainement, sous l'action des mêmes, le Bassin devrait s'inscrire dans un dispositif complémentaire pour une aide renforcée à la scolarité, à une ouverture culturelle et sportive en faveur des plus démunis. Ce Projet de Réussite Educative est un des volets de la loi de cohésion sociale dite loi Borloo.

5) Sur l'ensemble du département, quelles actions avez-vous menées ?

Guilhem Serieys (conseiller régional PS, vice président du collectif CADDSP)

Concernant la Poste, le collectif a envoyé aux Maires de l'Aveyron un questionnaire visant à faire un état des lieux précis des réorganisations du service. Sur 100 réponses, 64 Maires se déclarent prêts à aider, sur leur commune, à organiser des actions. La question républicaine se trouve ici comme ailleurs au centre des préoccupations. « Exigeons notre part de République », voilà quel pourrait être le dénominateur commun rassemblant sur divers dossiers les élus et citoyens soucieux de l'intérêt général.


Prenons l'exemple des transports. Le Conseil Général de l'Aveyron se paie, à grand frais des spots TV « On ira tous en Aveyron ». Encore faut-il pouvoir s'y rendre. La liaison directe de jour Rodez-Paris a été supprimée sans concertation. Des gares ferment à des heures d'arrêts de trains! … Alors que le nombre de dessertes TER augmente considérablement, faisant remonter les citoyens dans les trains grâce à l'effort politique de la région mais l'état de délabrement des voies provoqué par le désengagement de RFF et de l'Etat entraîne une situation inédite : d'ici 5ans, les trains ne rouleront plus.


Concernant les routes, la droite veut faire de l'Aveyron un cobaye de l'ultralibéralisme. La Route Nationale 88 reliant Rodez à Toulouse doit être aménagée intégralement en 2 fois 2 voies. Beaucoup avait été fait par Jospin dans le Contrat de Plan Etat-Région en 2000. Le coût des travaux restant à accomplir est de 600 millions d'euros. Le gouvernement Villepin propose un Partenariat Public Privé comme mode de financement : le privé prendrait à charge l'investissement et se verrait rembourser sur 30 ans par la puissance publique. Le coût : 60 millions d'euros par an soit un remboursement d'un total de 1 milliard 800 millions d'euros, c'est-à-dire 3 fois plus que sa mise initiale. Une sacrée affaire pour le privé. Partout, l'Etat a financé les grands chantiers routiers relevant de sa compétence. Ici, c'est un statut particulier dans la République; ce serait 3 fois plus cher et rien ne se ferait sans les collectivités. Et pourtant l'Etat s'est déchargé en 2005 de 18000 km de RN et il ne lui en reste que 11000.


La refondation républicaine de la France est une nécessité, les « biens communs » dont l'accès doit être garanti pour tous doivent relever de l'Etat; tout autre système remet en cause l'égalité entre les territoires et pénalise les plus faibles.

6) Roland Réal (bureau du collectif CADDSP)

La situation est aussi grave dans l'Education nationale. Depuis plusieurs années, les établissements scolaires subissent de plein fouet une politique de réduction des coûts qui se traduit par des pertes de dizaines de milliers d'emplois, aggravant ainsi une situation pourtant déjà fragile. Dans un lycée de l'Aveyron, on a ainsi vu disparaître plus de trente postes en trois ans.


Dernièrement, toujours avec le même objectif, le ministre a décidé de s'attaquer, sans concertation, aux statuts des enseignants et d'alourdir encore leur charge de travail.


La situation est grave et les organisations syndicales, dans leur quasi-totalité, ont décidé de s'opposer à ce projet. La grève du 18 décembre a été suivie à près de 70% dans l'Aveyron, à plus de 50% en France, et une manifestation est prévue à Paris le 20 janvier pour s'opposer à ce qu'il convient d'appeler la casse du Service Public de l'Education.

7) Quelle est la reconnaissance publique, médiatique et institutionnelle du collectif CADDSP aujourd'hui ?

Pierre Pantanella (élu, responsabilités communauté de communes, Président du collectif CADDSP)

Notre première action a été l'enquête sur la Poste dont parlait Guilhem. Nous l'avons envoyée à toutes les mairies avec un texte expliquant notre raison d'être. Cela nous a permis de nous faire connaître sur tout le département. Immédiatement, nous avons lancé une saisine en vue d'organiser un référendum d'initiative populaire sur la réorganisation de la poste de Firmi à la demande du maire et de son conseil municipal. Cela nous a ouvert les colonnes des journaux qui sont friands de telles manifestations.

Devant notre combat, la CGT nous a demandé de l'accompagner à une entrevue avec la Préfète. Nous avons interpelé celle-ci sur la charte concernant l'organisation de l'offre des services publics en milieu rural. Nous lui avons rappelé notre saisine et notre démarche qui est une démarche d'usagers citoyens. Toutes nos actions sont restées dans cet esprit, et je pense que c'est cela qui nous a imposé en tant qu'interlocuteur crédible.

Nous avons également demandé à la préfète une réunion de la commission départementale d'organisation et de modernisation des services publics sur le fait que la SNCF modifie le service public (suppression de train direct); elle a refusé. Nous avons écrit à ESTROSI ministre de l'Aménagement du territoire qui lui a demandé cette organisation. Première victoire. Pendant cette réunion, les élus ont fait caisse de résonnance à nos revendications, nous donnant par là de la crédibilité. Cette commission aujourd'hui se réorganise suite à un nouveau décret (elle passe de 48 membres à 25) et malgré cela un siège nous est attribué. Quelle meilleure reconnaissance !

Les journaux relatent toutes nos sorties, notamment La Dépêche. La lutte de Firmi nous ouvre les ondes de France Inter, de FR3; nous prenons une autre dimension et par là une reconnaissance publique. Les gens nous téléphonent y compris pour des problèmes de facture d'EDF. Quand il y a un creux dans nos luttes, nous faisons paraître des articles sur les attaques dont sont victimes nos services publics. Nous sommes présents en permanence et il ne se passe pas une semaine sans qu'on parle de nous, sans que la presse ne nous téléphone. Nous devenons incontournables. Les radios locales nous donnent leurs antennes, TOTEM qui est diffusé sur trois départements, radio Saint Affrique qui avait en son temps relaté les événements de la lutte pour l'hôpital de Saint Affrique.

Nous sommes aussi présents sur Internet par le site de PRS12 qui relate tous nos articles, toutes nos luttes. Nous sommes là où la communication est, et nous faisons passer les valeurs pour lesquelles nous luttons. Les élus nous rejoignent; en effet l'association compte des conseillers régionaux, des conseillers généraux, des maires, des élus communautaires et municipaux, des partis politiques (PS, PC, PRG, MRC, VERT) des organisations syndicales et des associations tels qu'ATTAC. Nous grandissons. Tout cela en 6 mois, que de travail ! mais quelle récompense quand lors de notre premier meeting, nous aurons l'honneur d'avoir Jean-Luc à nos côtés qui sera accompagné de Bové, de Marie Claire Culié du PC, Lucien Jallamion du MRC, Bernard Castagnéde du PRG; avec eux notre reconnaissance ne pourra que croître.

8) Justement, comment va se dérouler cette journée du samedi 13 janvier à Firmi ?

Roger Lajoie Mazenc

De 8h à 17 heures, les citoyens sont appelés aux urnes (trois seront disposées devant la Mairie, devant la Poste et sur le marché) ; ils se verront proposer des bulletins avec la réponse OUI s'ils approuvent la réorganisation ou NON s'ils la désapprouvent.

A 17 heures, le dépouillement sera opéré pour proclamation des résultats dans le cadre d'un meeting qui, autour du Maire de Firmi, Roger Lajoie-Mazenc, et du président du Collectif, Pierre Pantanella, rassemblera les ténors mandatés par leurs formations :

-Marie Claire CULIE, membre du comité national du Parti communiste en charge des services publics,

-Christian MARTIN, secrétaire national du Parti socialiste aux services publics,

-Lucien JALLAMION, Délégué national du Mouvement Républicain et Citoyen au monde du travail et au service public,

-Bernard CASTAGNEDE ou Thierry JEANTET, porte-parole du Parti Radical de Gauche,

-José BOVE, porte parole de l'association altermondialiste Via Campésina,

-Jean-Luc MELENCHON, sénateur PS de l'Essonne, fondateur de l'association Pour une République Sociale.

par Guilhem Serieys publié dans : Collectif de Défense des Services Publics
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Vendredi 1 décembre 2006

Pour faire le point sur les enjeux de ce dossier, je vous renvoie à l'excellent dossier qu'a réalisé Stéphane Bultel. Son blog: http://stephanebultel.iciblog.com .

Concernant la position du Conseil Régional, sachez qu'aucune discussion n'a encore eu lieu avec l'Etat sur les routes de Midi-Pyrénées. Nous n'avons donc aucune lisibité et ne pouvons pas nous prononcer officiellement sur ce dossier.

D'un point de vu politique, il faut savoir qu'en 2005, 18000 km de routes nationales ont été transférées aux Départements. La RN88 appartient à ce qu'il reste de réseau national à savoir 11800 km. Il est de la responsabilité de l'Etat d'entretenir et d'investir sur cette route. Alors qu'en 2000, Malvy et Jospin avaient inscrits 188 millions pour la période 2000-2006. il faut savoir que le gouvernement, à partir de 2002, a gelé des crédits, entrainant des retards importants sur les chantiers.

Le recours au PPP envisagé par Jean Puech et l'Etat, qui étale les dépenses de l'Etat et des collectivités sur 30 ans traduit  un abandon gouvernemental de l'Aveyron. Car ailleurs, l'Etat engage lui même par une maitrise d'ouvrage publique les investissements sur les RN.

Si le financement en PPP est finalement accepté, que les aveyronnais sachent qu'il s'agirait d'une véritable bombe fiscale à retardement pour les impôts locaux.

par Guilhem Serieys publié dans : Dossiers aveyronnais
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Vendredi 1 décembre 2006
"Je serai là où le devoir commande"

L'hebdomadaire citoyen Politis publie un entretien avec Jean-Luc Mélenchon sur l'évolution du PS, les débats dans l'autre gauche et les enjeux de la présidentielle de 2007. Pour ce journal engagé au côté de toutes les gauches, Jean-Luc Mélenchon pourrait être le candidat trait d'union que cherche actuellement l'autre gauche.
L'éditorial de Politis
L'entretien (extraits)
La dépêche AFP
par Guilhem Serieys publié dans : Politique à gauche
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Vendredi 1 décembre 2006

Venez nombreux demain à 10H à la gare de Rodez pour défendre la liaison directe de jour Rodez-Paris.

J'interviendrai au nom de la majorité politique du Conseil Régional. Je publierai ici mon intervention.

L'appel du Collectif:

Exigeons le maintien des liaisons directes pour Paris

 Après la mobilisation sur toutes les gares de la ligne Rodez Brive, nous vous invitons au

 Rassemblement  en gare de Rodez

 Samedi 02 décembre à partir de 10h

Usagers, Elus et Cheminots

affirmeront tous ensembles leur détermination

à voir se développer  le transport ferroviaire,

véritable outil d'aménagement du territoire

grillades, débats, musique

par Guilhem Serieys publié dans : Collectif de Défense des Services Publics
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Vendredi 1 décembre 2006

 

J'ai prononcé une intervention consacrée à la politique régionale en direction de la jeunesse lors de l'Assemblée Plénière du 30 novembre:

Monsieur le Président du Conseil Régional, Monsieur le Préfet de Région, Monsieur le Président du C.E.S.R., Chers Collègues,  

 

La politique régionale en faveur de la jeunesse est la priorité de notre majorité, la moitié du budget de notre institution y est consacré. D’année en année, des dispositifs nouveaux sont mis en place, d’autres sont renforcés ou étendus.

La paupérisation des jeunes, le mal-être ressenti par une partie importante d’entre eux (en témoigne le taux de suicide en augmentation), le sentiment pour tous d’être discriminés, pour certains de l’être doublement sont autant de maux qui doivent nous interpeller.

Beaucoup de jeunes craignent d’assister à une rupture du progrès générationnel. C'est-à-dire que les jeunes d’aujourd’hui, ne sont pas surs de vivre dans des conditions sociales au moins identiques à leurs parents. Nous ne devons pas stigmatiser les jeunes mais leur assurer une reconnaissance, un statut de citoyen, une autonomie sociale, une formation de qualité permettant de préparer au mieux les travailleurs de demain.

A l’heure où le projet de loi relatif à la prévention de la délinquance fait débat, nous devons légitimement nous interroger. Rien n’est prévu concernant la prévention sauf des effets d’annonce et de communication ! Ce projet traite ces problèmes sous le seul angle répressif. Victor Hugo disait « Ouvrez une école, vous fermerez une prison ». Il faut rappeler dans cette enceinte que la seule véritable réponse à la dérive de certains jeunes, c’est la lutte contre l’exclusion sous toutes ses formes, et notamment une politique éducative et sociale adaptée. Notre pays, s’il souffre d’un manque de sécurité, souffre surtout d’un manque d’égalité, d’un manque de solidarité.

La majorité régionale a la volonté, avec ses compétences et ses moyens, d’offrir à la jeunesse les moyens de sa formation, d’une intégration dans la vie active réussie et les moyens de son autonomie sociale. Ces orientations budgétaires traduisent cette volonté. D’abord en terme de formation et d’éducation.

 Avec le programme pluriannuel des travaux 2006-2012 d’un montant prévisionnel de 766 millions d’euros, la politique de la Formation Professionnelle et de l’Apprentissage prévoyant en 2007 la mise en place du PRDF permettant d’adapter notre dispositif de formation aux évolutions économiques. La voie de la réussite pour beaucoup de jeunes passe par l’apprentissage : nous affecterons de nouveaux moyens de fonctionnement et prendrons en charge de nouveaux investissements. Un effort est prêt à être consentie pour l’hébergement des apprentis.

Nous proposons de continuer notre politique d’éducation à la citoyenneté. Le Conseil Régional des jeunes, 91 élus, désignés par plus de 9000 délégués conduira une quatrième mandature. Elus par vote électronique en décembre, ils seront les représentants des lycéens et des apprentis. Ils peuvent compter sur notre soutien pour mener à bien leurs projets. Les Projets d’Avenir rentrent aussi dans cette politique d’accès à la citoyenneté active. Le premier festival des lycéens et des apprentis organisé par la Région, « Le Festiv’ », en partenariat avec la communauté éducative, fut une des grandes réussites de 2006. Nous souhaitons que cette action soit renforcée en 2007. Nous devons faciliter la vie quotidienne de milliers de jeunes.

Différents leviers doivent être préserver et renforcés. Les tarifs jeunes dans les TER, les chéquiers lectures, la bourse régionale de premier équipement verront leurs budgets confortés et des champs d’application seront étendus. Concernant l’enseignement supérieur. Il convient de prévoir les crédits nécessaires pour achever les opérations engagées lors du CPER 2000-2006 et une enveloppe prévisionnelle pour faire face au démarrage du prochain contrat. Je voudrai mettre en valeur deux axes de notre intervention :

 - développer l’EPA Champolion et le pôle Tarbais, des sites universitaires de proximités, répond à une exigence : celle du droit aux études pour tous, à des formations de qualités pour tous et à la démocratisation de l’enseignement supérieur.

- deuxième grand chantier, celui de la vie étudiante, de l’autonomie sociale qu’il convient de promouvoir. La nécessité de construire des logements sociaux pour les étudiants a été rappelée fortement, à de multiples reprises par le Président Martin Malvy. C’est une priorité. Nous souhaitons depuis plusieurs années inscrire des crédits hors contrats de Plan pour avancer dans la construction 5000 logements nouveaux. Nous ne pouvons que constater le peu de projet de l’Etat. Espérons que les propositions du gouvernement dans le Contrat de Projet répondront à cette urgence sociale et prendront en compte les efforts que nous sommes prêt à consentir. Souhaitons aussi que la Communauté d’Agglomération du Grand Toulouse mette à disposition des terrains pour résoudre le problème de l’accès au foncier.

Enfin, je veux dire un mot des formations sanitaires et sociales qui nous ont été transférées et surtout des jeunes qui s’y forment. Afin d’aider les moins favorisés à accéder aux premiers niveaux de qualification qui correspondent à une offre d’emplois grandissante, deux mesures sont prévues dans le cadre du budget 2007 : - L’exonération de droits d’inscription en formations sociales pour les étudiants boursiers. - La gratuité des formations d’aide-soignant et auxiliaires de puéricultrice. Dans ces domaines récemment transférés, nous avons du assurer un niveau de financement qui dépasse fortement le montant des ressources transférées par l’Etat dans le cadre de la compensation des charges liées aux nouvelles compétences. La Région Midi-Pyrénées va consentir un effort budgétaire très important. D’abord pour aligner les bourses pour les étudiants en formation sanitaires et sociales sur les bourses de l’Education Nationale. D’autres part pour prendre en considération les revenus réels des étudiants. Il est quand même incroyable qu’il faille attendre que la compétence soit transférée aux Régions pour que les aides sociales des étudiants en formation sanitaire et sociale soient réévaluées alors que ces étudiants demandaient à bénéficier des mêmes aides que les étudiants de l’Education Nationale depuis fort longtemps ! La Région prend donc ses responsabilités car en plus de consentir cet effort budgétaire, nous allons plus loin, pour répondre aux attentes de ces étudiants, pour répondre à la précarisation de leurs conditions de vie en instaurant l’exonération de droits d’inscription en formations sanitaires et sociales pour les étudiants boursiers. Nous permettons aussi la gratuité des formations d’aides-soignants et des auxiliaires de puéricultrices, pour aligner leur statut sur celui des études d’infirmières. Ce sont des mesures dont nous assumerons seul le coût, sans transfert. Il restera encore à faire, mais nous sommes au rendez-vous, malgré les défaillances de l’Etat sur ce dossier pour harmoniser les droits des jeunes en formation de Midi-Pyrénées. Le Conseil Régional Midi-Pyrénées prend ses responsabilités.

Par nos actes politiques nous délivrons un message d’encouragement, de soutien, de respect en direction des jeunes. Un message qui ne demande qu’à être relayé par une nouvelle politique gouvernementale. Car c’est d’abord à l’Etat, par la loi, d’assurer la solidarité entre les générations, de sécuriser cette période de transition qui se rallonge entre un statut d’enfant à charge et un statut de salarié, il faudra garantir un statut social à la jeunesse, il en va de l’avenir de notre patrie républicaine.

 

 

par Guilhem Serieys publié dans : Conseil Régional
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